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12/10/2016

Le bois dont on se chauffe...

octo12 006.JPGC'était une époque où la nature offrait des cadeaux que le citadin appréciait à sa juste valeur, nous n'avions point de jardin et encore moins de vergers, donc en manque de fruits et de légumes que la modicité des revenus familiaux avaient du mal à combler, il fallait donc faire appel à la générosité de la nature et à notre imagination... l'été avait déroulé ses jours de fortes chaleurs, entrecoupés par les orages fréquents de journées humides, l'alternance était plus marquée que de nos jours,cette instabilité était le gage d'abondance dans les haies et autres friches où la glane était souvent riche, moins légales étaient les quelques incursions dans les vergers abandonnés ou égarés loin des maisons d'habitation!

la mûre proliférait sur les bordures de pré désaffectées, les friches ne sont pas l'apanage de notre époque qui a connu un rude exode rural, en notre jeunesse il y avait aussi des haies de ronce qui faisaient notre bonheur, je n'ai jamais trop prisé ces baies, leur goût âpre parfois, aux relents d'acide formique peu prisée de mon palais me faisaient souvent faire la grimace, mais les fables de la Fontaine constituaient souvent l'une de nos règles de vie et je me félicitais de la proximité des fruits en songeant au renard qui se détournait des raisins jugés trop verts alors qu'ils étaient inatteignables! on dégustait du bout des lèves, se barbouillait parfois et surtout confectionnait des confitures mangeables certes mais bourrées de pépins impossibles à éradiquer!

la rentrée nous avait laissé un peu tristes, les premières châtaignes s'invitaient sur les chemins de terre battus menant aux Allées Maintenon, on partait le jeudi remplir les besaces, peu de fruits grillés alors, la casserole ronflait sur le feu, remplie de ces fruits marrons, des branches de fenouil étaient censées leur donner un goût et une assimilation meilleurs!

!Cette saison suscitait aussi la question du chauffage hivernal, la cuisinière était le seul moyen de surmonter les hivers rigoureux d'autrefois, il fallait faire rentrer du bois, le hêtre était alors privilégié, je me souviens qu'il venait du village de Bettes dans les Baronnies, on nous le livrait en bûches de un mètre qu'il fallait alors scier, le fourneau n'acceptant que des morceaux de 20,25 cm c'était du sport, notre père s'y attelait mais n'avait de cesse que de voir les enfants s'y investir! nous étions promus au rangement sous l'appentis qui jouxtait la maison!

je me souviens surtout des ahanements du paternel, cette lame qui coinçait souvent, il fallait l'oindre de la graisse du lard gardé précieusement, lui donner du passage, on n'employait pas encore le terme d'avoyage qui consiste à incliner alternativement les triangles coupants, on affûtait souvent et gare alors à la pointe sournoise qui venait annihiler les limages précédents!

Le bois était chez nous une institution et un rite incontournables!

07:56 Écrit par dede | Lien permanent | Commentaires (0)

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